PARTO SENZA BAGAGLI

(Je pars sans bagages)






Quand les mots deviennent superflus:

Parto senza bagagli

un voyage symbolique à la recherche du silence

À quoi servent les mots? C’est la question que se pose le protagoniste de «Je pars sans bagages», le spectacle à peine conclu à l'Agorà (*). Peut-être seulement qui est allé dans le désert et a appris à écouter le silence, peut répondre à cette question. Et décider de trouver un parcours alternatif au vacarme verbal de nos jours afin de restituer finalement la dignité aux paroles. Le monologue racconte le douleur effort intérieur d'un homme à la recherche désespérée de lui-même, en une dimension illusoire et en même temps vraie, dérisoire et pourtant indispensable. Un voyage symbolique semble au protagoniste la seule manière pour se débarrasser des souvenirs encombrants et de l'incapacité de donner un sens au langage. Cependant, dans la valise il mettra seulement les choses essentielles pour ne pas se laisser écraser, une fois parti, par son histoire passée, pleine de douleurs et de regrets.

Le texte a été écrit par Franco Bagagli (son nom a inspiré le titre) (**), qui est également l’interprète du monologue, et par Miroijrie Miroir, nom derrière lequel se cache une psychanalyste. La mise en scène de l’algérien Kadour Naimi est essentielle et mesurée. Ainsi que la décoration, tout se déroule dans une chambre peu meublée: deux chaises de peau blanche, un lit, une petite table. L'acteur se déplace de la fenêtre au miroir. «Ma chambre - explique Bagagli - se transforme en une prison, et réussir à en sortir signifie essayer d'abandonner le langage conventionnel et s’approprier du silence. Je décide de faire mes bagages pour laisser derrière moi les mots qui crachent au visage, et sont seulement des bruits gênants qui grincent à l'oreille.»

Après un douloureux et long effort intérieur, le protagoniste se prépare: il est prêt à afffronter le voyage, en abandonnant tout et en ne prenant que l'essentiel. Avant que se séparer définitivement de son passé, il s’arrête dans un bar pour prendre le petit déjeuner. Là, il rencontre une femme inconnue qui bouleversera son destin.

«C’est la première personne - continue l'acteur - avec je réussis à dialoguer de manière sincère et directe. Soudain, nous nous découvrons protagonistes de languages qui révolutionnent totalement notre existence, nous commençons à jouer avec les mots sans recourir aux conventions et aux lieux communs.» Le spectateur n'écoute pas le dialogue, c’est la voix hors champ du protagoniste qui relate la rencontre. «Je suis tout autre chose de ce que tu vois et de ce que je te dit.» Avec cette phrase se conclut le spectacle, presque à vouloir démontrer combien souvent les mots ne peuvent ni donner ni dire quelque chose de concret, mais seulement suggérer des images et évoquer des émotions.

Michela Sensi

Journal “L’Informazione”, 28 Mars 1995

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 (*) Théâtre de Rome (Italie).

 (* *) Bagagli signifie en italien «bagages».


Voyage dans le silence

(...) La direction de ce travail est confié au réalisteur algérien Kadour Naimi, qui, depuis des décennies,  est engagé dans la recherche artistique de l’essentiel...»

Il Giornale di Ostia (Le Journal D'Ostie)

4 Mars 1995